Un bon psy, c’est quoi ?

8-Jan-2018

 

Qu’est-ce qu’un bon psy ? Si on me posait la question, je serais d’abord bien embarrassée pour donner une réponse. Dans un premier temps, je crois que je répondrais : « Je ne sais pas ce que c’est un bon psy. » Mais, bien sûr, on ne peut pas s’en tenir là. Je serais alors tentée de dire : « Un ‘bon psy’ ça n’existe pas. Un psy sera bon pour l’un et pas pour l’autre. Un psy apparaîtra comme bon dès lors qu’il répondra à une attente, à un besoin, et on voit bien que tout cela est subjectif ».

 

A un moment de sa vie, on peut trouver qu’un psy est bon, et à un autre, ça ne sera plus le cas. Certains feront une thérapie avec un psy pendant des années et puis, des années plus tard, iront frapper à une autre porte. On peut se trouver en bonne compagnie face à un psy pendant un temps et puis… la personne que l’on est aujourd’hui n’est pas celle que l’on sera demain et à chaque cycle de vie peut correspondre un psy différent.

 

A chacun son psy…

 

Des personnes arrivent parfois en thérapie et disent qu’elles ont vu auparavant un psy qui observait le silence et que cela ne leur pas convenu. A la question « Un psy doit-il observer le silence face à la personne qui le consulte ? », que répondre ? Tout dépend. D’abord, de la formation du psy. Il est évident que s’il a été formé à la psychanalyse, il sera beaucoup plus silencieux, mais là encore, il y a des nuances. S’il peut être bon qu’un psy observe des moments de silence car cela favorise l’expression de la parole,  le psy ne doit pas occuper toute la place non plus. La séance est avant tout un espace et un temps pour la personne qui consulte.

 

Alors que des personnes auront du mal à supporter le silence, d’autres supporteront mal un psy qui parle (trop). Tout dépend du besoin de chacun. Certains voudront une écoute, quand d’autres seront en attente de conseils ou voudront un retour sur ce qui a été dit.

 

Question de méthode…

 

Un psychothérapeute reçoit une formation qui va bien sûr influencer sa pratique. Il se comportera souvent à la manière du psy qu’il aura lui-même consulté lors de sa propre thérapie. Après s’être identifié à celui qu’il aura considéré comme un ‘bon’ psy, il aura tendance à pratiquer selon ce même modèle.

 

Il peut y avoir des pratiques bien différentes, non seulement en fonction des écoles de pensée, mais aussi selon les pays. Par exemple, aux Etats-Unis, un psy ne pratiquera pas forcément comme en France. Il suffit de regarder la série In treatment (En analyse) pour s’en rendre compte. On peut s’en étonner en tant que thérapeute, mais pourquoi une pratique exercée différemment de chez nous serait-elle forcément mauvaise ? Certains critiqueront la psychanalyse à l’américaine dans laquelle le thérapeute s’implique davantage et n’observe pas la fameuse neutralité, tandis que d’autres s’accorderont pour dire que la psychanalyse selon Jacques Lacan est sujette à controverse.

 

Face à quelqu’un qui dirait « J’ai vu un bon psy. Je voulais arrêter de fumer, il m’a fait de l’hypnose, ça a marché», on pourrait aussi se demander : « Est-ce la technique qui fait le bon psy ? ». Difficile de l’affirmer.  Il existe en effet des techniques qui fonctionnent bien sur certaines problématiques. Ceci étant, un psy ne saurait être uniquement un (bon) technicien. Tout simplement parce qu’un psy est beaucoup plus que ça.

 

Alors, qu’est-ce qu’un bon psy ?

 

A mon sens, un ‘bon’ psy est quelqu’un qui fait preuve d’empathie. C’est aussi quelqu’un qui a de l’intuition, ce qui suppose une certaine sensibilité. Lorsqu’une personne consulte, c’est qu’elle a du mal avec la vie à un moment donné. Il y a quelque chose chez la personne qui ne peut être géré, qui pose problème et génère de la souffrance.

 

Le ‘bon’ psy est celui qui  vous permet de trouver des solutions, sans pour autant en détenir une prête à l’emploi, parce qu’il n’y a pas de solution applicable à tout le monde. Un psy qui détiendrait une méthodologie pour savoir vivre, ça n’existe pas. Le ‘bon’ psy vous apprend à penser pour y voir plus clair.

 

“Penser, c’est chercher des clairières dans une forêt” (Jules Renard)

 

Un ‘bon’ psy est celui avec qui vous serez en adéquation afin d’effectuer un bout de chemin ensemble. Parce qu’une thérapie demande du temps. On a coutume de dire qu’il faut qu’il y ait un bon feeling entre le psy et le patient. Disons qu’il faut que l’envie soit présente des deux côtés. Il y a des personnes qui ne se sentiront pas bien avec tel psy (bon ou mauvais, peu importe) et des psys qui n’auront pas envie de travailler avec telle ou telle personne. Il faut qu’il y ait un point de convergence, un peu comme dans toute rencontre. Le bon psy, c’est avant tout celui qui vous convient.

 

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