Approche analytique versus Approche systémique en thérapie

16-Nov-2017

 

L’approche analytique est centrée sur l’individu et tient compte de l’inconscient du patient. La personne, en parlant, va chercher à comprendre, à travers les conflits ou fantasmes, ce qui la fait souffrir. Dans cette introspection, le thérapeute est à l’écoute, et le travail est fondé sur l’analyse de la parole, mais aussi des rêves ou autre lapsus. A cette approche analytique peut être associée une étude psycho-généalogique, afin de prendre en considération les évènements transgénérationnels.


L’approche systémique, quant à elle, ne vise pas seulement l’individu, mais également ses relations au cœur d’un système. Il s’agit de prendre en compte les relations interpersonnelles et leurs interactions. La question n’est pas de revenir aux sources du problème en analysant le passé d’un individu, mais d’observer, dans l’ici et maintenant, comment interagissent les personnes concernées.


Pour avoir été formée à ces deux approches, je les utilise conjointement, car l’une me semble indispensable à l’autre. N’étant pas psychanalyste, je ne saurais me limiter à une seule analyse intrapsychique et je considère que, l’individu étant pris dans un contexte, il lui est donc difficile de s’affranchir de ce qui entoure et peut influencer, voire entraver, une personnalité.


Bien évidemment, selon qu’il s’agisse d’une thérapie individuelle ou d’une thérapie de couple (ou familiale), une approche dominera l’autre.


Dans quel cas privilégier l’approche analytique ?


Dans le cas d’une approche personnelle, la thérapie analytique est plus prégnante, puisqu’un seul individu consulte. Même si les absents s’invitent dans la séance (parents, conjoint, enfants…), on ne peut parler à leur place et ils ne font incursion qu’à travers le discours de l’autre. On ne va pas analyser, par exemple, le rêve du mari qui pourrait nous être rapporté, car seule compte l’interprétation faite par celui qui entre en introspection. L’approche analytique est tout indiquée lorsque la personne veut mieux se connaître et tenter de soulager des souffrances dues à des conflits non résolus de l’enfance, des problématiques qui interfèrent dans sa vie professionnelle ou dans sa vie familiale ou de couple.

 
L’approche analytique est utilisée lorsque la personne souhaite faire un travail individuel afin de dépasser certaines peurs ou angoisses paralysantes, suite à des échecs sentimentaux ou professionnels, ou tout simplement effectuer une recherche de sens. 


A l’inverse, quand faire le choix d’une approche systémique ?


Lorsque les problématiques sont au cœur des relations interpersonnelles, l’approche systémique s’avère intéressante, car elle agit à plusieurs niveaux. On l’utilise dans les thérapies de couple ou les thérapies familiales, mais cette approche systémique peut aussi être appliquée dans un cadre professionnel (ex : supervision d’équipes).


Pour avoir exercé dans différents contextes, il m’est apparu pertinent d’avoir ces différentes techniques à disposition.


Selon les problématiques et les situations, le thérapeute qui dispose de ces différents outils privilégie l’un plutôt que l’autre. Prenons l’exemple d’un adolescent qui présente un trouble psychique. Les parents sont souvent tentés de l’envoyer consulter un psy, or les adolescents rechignent souvent à entreprendre cette démarche, voyant le psy comme une figure parentale à laquelle ils n’ont pas plus envie de se confronter. L’approche systémique, dans le cadre d’une thérapie familiale, peut alors être parfaitement adaptée, permettant à la fois au psy de mieux cerner ce qui se joue, mais aussi aux différents membres d’être à l’écoute les uns des autres. Les solutions peuvent être mises en place au sein du système familial, évitant la stigmatisation d’un individu, puisque chacun est partie prenante des interactions qui s’y déroulent.


Quand les deux approches s’avèrent utiles


Dans le cadre d’une thérapie de couple, l’approche analytique et l’approche systémique sont utiles au thérapeute qui peut ainsi cerner les problématiques individuelles sous-jacentes qui interférent, tout en ayant sous les yeux les interactions entre les deux partenaires.


Si l’on prend le cas de la jalousie au sein d’un couple, celle-ci peut être causée par le manque de confiance en soi de l’un des deux partenaires, mais également par la relation en tant que telle. C’est souvent ce qui se produit suite à une infidélité, quand le partenaire trompé, ayant perdu confiance en l’autre, fait parfois montre d’une jalousie excessive qui envenime la relation. Ainsi, il arrive qu’il soit pertinent d’effectuer en parallèle une thérapie analytique (pour l’un ou les deux partenaires) en plus d’une thérapie de couple. Les deux approches ne sont absolument pas incompatibles, mais peuvent, au contraire, s’avérer complémentaires. Dans ce cas, le thérapeute ne prend pas en charge les deux thérapies, même s’il est compétent, mais conseille un confrère (ou une consœur) pour l’autre type de travail.


Deux approches, deux rythmes


Si l’approche analytique s’effectue généralement sur du long terme et selon un rythme de séances rapprochées, l’approche systémique peut être utilisée sur une durée plus courte et avec des séances plus espacées.
 

Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives
Please reload

© 2019 Béatrice Poët-Jeannot | Contact | N° ADELI : 069303634 | Membre d'une association de gestion agréée

  • LinkedIn Social Icon